Le biais cognitif d’aversion à la dépossession

Comme son nom l’indique, à cause de ce biais nous avons tendance à vouloir garder ce que l’on possède déjà. On favorise les décisions nous permettant de conserver les acquis par rapport aux décisions nous permettant de gagner de nouvelles choses. C’est un biais extrêmement puissant et, comme tous les biais, inconscient.

Ce biais s’applique aussi lorsque l’on évalue la valeur de ses possessions par rapport à d’autres choses qui ne sont pas à nous. On aura tendance à donner plus de valeur à nos propres possessions qu’à celles des autres, même lorsque cette valeur est explicitée (comme un prix en euros). On lui trouvera alors une valeur supplémentaire pour se justifier. (comme une valeur sentimentale, etc.)

De la même manière, lorsque l’on procède à un échange on aura tendance à sous-évaluer la valeur de la possession reçue, car on aura automatiquement tendance à surévaluer ses propres possessions. On voudra alors toujours obtenir plus que ce que l’on a déjà.

Sur le plan abstrait cela se constate aussi lors d’échanges d’idées, puisqu’on aura tendance à vouloir conserver ses propres idées aux dépends de celles des autres (par exemple pour remporter un débat). Voir un de ses raisonnements démontré comme faux est douloureux car on se dépossède de la consonance cognitive (cohérence des idées) qui nous est déjà acquise.

 

Reconnaître ce biais cognitif

Le biais d’aversion à la dépossession entre en jeu à chaque fois qu’il est question de propriété, que ce soit d’une possession physique (un objet, une quantité d’argent) ou intellectuelle (des idées). C’est un biais cognitif donc il est subconscient. Pour le reconnaître il faut d’abord rendre tous les éléments d’un raisonnement conscient.

Ensuite il faut prendre le temps de se pencher sur chacun des éléments rendus conscients pour déterminer leur valeur de manière aussi objective que possible. Il s’agit d’une démarche difficile et qui prendra beaucoup de temps lorsque la valeur (subjective ou objective) des possessions augmente.

Bien que ce biais soit difficile à analyser et reconnaître chez soi car subconscient, on peut facilement s’en rendre compte chez d’autres personnes. Le plus difficile reste alors de convaincre cette personne de la surévaluation de ses possessions… ce qui n’est pas une mince affaire quand il s’agit de faire un échange ! Pour cela, mieux vaut avoir des liens forts avec cette personne, et s’armer de patience pour bien expliquer ces biais cognitif dans les détails.

 

Biais proche du biais d’aversion à la dépossession

Raisonner à partir d’un point de repère que l’on pense fixe : le biais d’ancrage mental

Avoir tendance à confirmer sa façon de penser plutôt qu’à la remettre en question : le biais de confirmation

Donner plus d’importance à la représentation de l’argent qu’à sa valeur réelle : le biais d’illusion monétaire lien tk

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